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Rénovation sans résiliation collective : est-ce aussi plus favorable aux locataires ?

Les rénovations énergétiques, modernisations et transformations sont importantes en Suisse – mais elles ne doivent pas toujours commencer par la résiliation de tous les baux.

Auteur : Nikita von Niederhäuser, expert immobilier UrbanHome Mis à jour le : Temps de lecture : env. 8 minutes

En bref

Une rénovation sans résiliation collective peut être possible si les travaux sont planifiés de manière raisonnable pour les locataires et si leur maintien dans le logement ne complique pas considérablement la rénovation. Selon le projet, des rénovations par étapes, des logements de remplacement temporaires, des départs provisoires, des droits de retour ou des baisses de loyer pendant la phase de chantier peuvent être envisagés. Une résiliation collective ne devrait donc pas être automatiquement la première étape, mais être soigneusement justifiée et comparée à d’autres solutions.

Que signifie rénovation sans résiliation collective ?

On parle de rénovation sans résiliation collective lorsqu’un immeuble est modernisé, amélioré sur le plan énergétique ou rénové structurellement sans que tous les baux soient résiliés au préalable. Il s’agit plutôt d’examiner si les travaux peuvent être réalisés pendant les baux en cours, par étapes ou avec des solutions temporaires de remplacement.

L’objectif n’est pas d’empêcher les rénovations nécessaires. Il s’agit plutôt de mieux concilier rénovation, maintien du logement et responsabilité sociale. Dans les marchés du logement tendus, une résiliation collective peut avoir des conséquences lourdes pour les locataires de longue date, les familles, les personnes âgées ou les ménages à revenu moyen.

Situation juridique en Suisse : quand une résiliation collective est-elle autorisée ?

Une résiliation en raison d’une rénovation peut être admissible en Suisse si les travaux prévus restreignent fortement la poursuite de l’utilisation du logement et si le maintien des locataires sur place compliquerait, renchérirait ou retarderait considérablement la rénovation. Le cas concret reste toujours déterminant.

Remarque : Une résiliation pour rénovation n’est pas automatiquement abusive, mais elle n’est pas non plus automatiquement justifiée. Les bailleurs devraient disposer d’un projet suffisamment développé et pouvoir expliquer de manière plausible pourquoi la libération des logements est nécessaire. Les locataires doivent vérifier les résiliations et les demandes de prolongation dans les délais applicables ; pour les logements et locaux commerciaux, l’autorité de conciliation est généralement compétente pour les contestations ou prolongations.

Alternatives favorables aux locataires à la résiliation collective

Rénovation par étapes

Les travaux sont échelonnés par entrée, étage ou appartement, afin que tous les locataires ne doivent pas déménager en même temps.

Logement de remplacement temporaire

Pendant les phases de chantier les plus intensives, les locataires déménagent provisoirement dans un logement de remplacement et peuvent ensuite revenir.

Droit de retour

Si un départ est inévitable, il peut être convenu contractuellement si et à quelles conditions les locataires pourront revenir après la rénovation.

Les rénovations favorables aux locataires exigent davantage de planification, mais peuvent réduire les conflits. Une information précoce, des phases de chantier transparentes et une prise en compte sérieuse des cas de rigueur augmentent les chances de solutions viables pour les deux parties.

Résiliation collective ou rénovation en site occupé ?

VarianteAvantagesRisques et points à vérifier
Résiliation collectivePlanification du chantier plus simple, immeuble libre, exécution plus rapide possibleCharge élevée pour les locataires, risque de contestation, critiques sociales et politiques
Rénovation par étapesLe logement est partiellement maintenu, moins de déplacement, solutions plus flexiblesCoordination du chantier plus complexe, durée de construction plus longue, organisation plus importante
Départ temporaireLes travaux intensifs deviennent possibles, les locataires peuvent en principe revenirLogements de remplacement, frais de déménagement, conditions de retour et loyer doivent être clairement réglés
Rénovation pendant l’utilisationAucune résiliation nécessaire, le bail reste en vigueurBruit, poussière, usage restreint, éventuelle baisse de loyer et proportionnalité à vérifier
Accord volontaireSolutions individuelles, moins de procédures, meilleure sécurité de planificationÉquitable uniquement si la pression est évitée et si les conditions sont transparentes

Étape par étape : comment planifier une rénovation plus favorable aux locataires

  1. Définir clairement l’objectif de rénovation : énergie, sécurité, plan, technique du bâtiment ou confort.
  2. Vérifier quels travaux nécessitent réellement un logement vide et lesquels ne l’exigent pas.
  3. Documenter de manière réaliste les phases de chantier, la durée, le bruit, la poussière ainsi que les interruptions d’eau ou d’électricité.
  4. Examiner les alternatives à la résiliation collective : étapes, logements de remplacement, départs temporaires ou droits de retour.
  5. Informer les locataires suffisamment tôt et répondre aux questions par écrit.
  6. Identifier les cas de rigueur, par exemple les personnes âgées, les familles, les personnes handicapées ou les locataires de longue date.
  7. Régler de manière transparente les baisses de loyer, frais de déménagement, solutions transitoires et conditions de retour.
  8. En cas de résiliation, vérifier soigneusement les exigences formelles, la motivation, les délais et les éventuelles prolongations de bail.

Questions de contrôle : une résiliation collective est-elle vraiment nécessaire ?

Les questions suivantes aident les bailleurs, les gérances et les locataires à évaluer objectivement une rénovation prévue.

Questions de contrôle avant une résiliation pour rénovation

1. Le projet de rénovation est-il suffisamment concret ?
2. Quels travaux rendent impossible la poursuite de l’utilisation du logement ?
3. Certains travaux peuvent-ils être réalisés par étapes ?
4. Existe-t-il des logements de remplacement temporaires ou d’autres solutions ?
5. Un départ temporaire avec droit de retour a-t-il été examiné ?
6. Combien de temps durent réellement les restrictions les plus fortes ?
7. La baisse de loyer, les frais de déménagement et les charges sont-ils réglés ?
8. Les locataires ont-ils été informés tôt et clairement ?
9. Existe-t-il des cas de rigueur particuliers dans l’immeuble ?
10. La résiliation est-elle vraiment le moyen approprié le moins incisif ?

Exemples pratiques

Exemple 1 : rénovation énergétique de façade

Un immeuble reçoit de nouvelles fenêtres, une meilleure isolation et un nouveau chauffage. De nombreux travaux concernent l’enveloppe du bâtiment et les locaux techniques. Au lieu de résilier tous les baux, la gérance planifie les phases de chantier, des accès courts aux appartements et des baisses de loyer pour les semaines particulièrement pénibles.

Exemple 2 : rénovation des colonnes avec logements de remplacement

Lors d’une rénovation des colonnes techniques, les cuisines et salles de bains sont temporairement inutilisables. Le bailleur organise des logements de remplacement dans le quartier et confirme par écrit que les locataires pourront revenir après la fin des travaux. La rénovation devient ainsi possible sans mettre définitivement fin aux baux.

Check-list : mettre en œuvre une rénovation socialement responsable

Questions fréquentes sur la rénovation sans résiliation collective

Oui, selon l’ampleur des travaux, une rénovation peut aussi être possible pendant des baux en cours ou avec des solutions temporaires de remplacement. Les facteurs déterminants sont la proportionnalité, le déroulement du chantier, la sécurité et la restriction concrète de l’usage du logement.

Une résiliation pour rénovation peut être admissible si les travaux restreignent fortement la poursuite de l’utilisation du logement et si la présence des locataires compliquerait ou retarderait considérablement la rénovation.

Elle peut être abusive si le projet n’est pas suffisamment développé, si le motif de résiliation paraît prétexte ou si les travaux pourraient raisonnablement être réalisés avec les locataires en place sans difficulté majeure.

Les alternatives possibles sont les rénovations par étapes, les logements de remplacement temporaires, les départs provisoires, les droits de retour, les phases de chantier avec baisse de loyer ou les solutions individuelles pour les cas de rigueur.

Si l’usage du logement est fortement restreint par les travaux, une baisse de loyer peut entrer en ligne de compte selon le cas. Son montant dépend de la durée, de l’intensité et de l’atteinte concrète.

Les bailleurs devraient vérifier si une résiliation collective est réellement nécessaire, si une rénovation par étapes est possible, quelles obligations d’information et quels délais s’appliquent et quelles solutions socialement responsables peuvent être proposées.

Les locataires doivent en principe tolérer les rénovations et modifications raisonnables si les conditions légales sont remplies. Les interventions disproportionnées, une planification insuffisante ou des restrictions massives peuvent être appréciées différemment.

Lors d’un départ temporaire, les locataires quittent le logement uniquement pendant la durée des travaux particulièrement intensifs. Des accords clairs sur le logement de remplacement, les coûts, la durée, le retour et le loyer sont importants.

Un droit de retour devrait être expressément convenu. Sans accord clair, il est souvent incertain à quelles conditions les locataires peuvent réintégrer le logement après une rénovation.

Oui, dans certaines conditions, une résiliation peut être contestée ou une prolongation du bail peut être demandée. Les délais sont courts, les locataires devraient donc agir rapidement après réception d’un avis de résiliation.

Les rénovations énergétiques sont importantes pour la société, mais elles ne justifient pas automatiquement toute résiliation collective. L’ampleur, la proportionnalité, l’état du projet et les alternatives doivent également être examinés.

Les gérances peuvent informer tôt, expliquer les phases de chantier de manière transparente, nommer des personnes de contact, identifier les cas de rigueur, vérifier les baisses de loyer et documenter équitablement les accords volontaires.

Résumé

Les rénovations sont importantes pour préserver la valeur, améliorer l’efficacité énergétique et augmenter la qualité du logement. Toutefois, une résiliation collective ne doit pas automatiquement être la seule solution. Selon le projet, des rénovations par étapes, des logements de remplacement temporaires, des droits de retour et des baisses de loyer peuvent rendre la mise en œuvre plus favorable aux locataires. Pour les bailleurs, il est essentiel de documenter correctement le projet de rénovation et d’examiner sérieusement les alternatives. Pour les locataires, il est important de respecter les délais, de vérifier la motivation et de demander conseil suffisamment tôt en cas d’incertitude.

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