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Le logement en propriété reste avantageux à l’usage, mais inaccessible à l’achat

Les personnes qui possèdent déjà un logement profitent souvent de coûts de financement courants bas. Pour les nouveaux acheteurs, l’entrée sur le marché reste toutefois difficile, car les prix d’achat, les fonds propres et les règles de capacité financière constituent les principales barrières.

Auteur : Nikita von Niederhäuser, expert immobilier UrbanHome Mis à jour le : Temps de lecture : env. 10 minutes

En bref

Le logement en propriété peut être attractif en Suisse au niveau des coûts courants, car les taux hypothécaires sont parfois bas et les propriétaires ne paient pas de loyer mensuel. L’achat reste toutefois difficile pour de nombreux ménages. La raison tient moins à l’utilisation mensuelle qu’à la barrière d’entrée : prix d’achat élevés, environ 20% de fonds propres, règles de capacité financière calculatoire, rareté régionale et hausse des charges accessoires déterminent si un logement peut être financé.

Que signifie « avantageux à l’usage, mais inaccessible à l’achat » ?

Cette formule décrit une contradiction typique du marché immobilier suisse. Une personne qui possède déjà son logement et peut financer son hypothèque à des taux bas peut avoir des coûts de logement courants inférieurs à ceux d’un locataire comparable. C’est particulièrement vrai lorsque l’hypothèque est sécurisée à long terme et qu’aucune grande rénovation n’est imminente.

Pour les acheteurs, le calcul est différent. Ils doivent financer le prix d’achat actuel, apporter suffisamment de fonds propres, passer l’examen bancaire et tenir compte en même temps des charges accessoires, de l’entretien, de l’amortissement, des impôts et d’éventuelles variations de taux.

C’est pourquoi le logement en propriété peut paraître avantageux au quotidien, tout en restant inaccessible pour de nombreux ménages. La charge mensuelle n’est qu’une partie de la réalité. Le prix d’achat par rapport au revenu constitue souvent l’obstacle le plus important.

Pourquoi cette contradiction apparaît-elle ?

Le coût courant du logement en propriété dépend fortement des taux hypothécaires. Lorsque les taux de marché sont bas, les coûts effectifs de financement diminuent. De nombreux propriétaires connaissent alors une charge mensuelle relativement faible, surtout en comparaison avec de nouvelles locations dans des régions tendues.

Important : Les banques n’évaluent pas la capacité financière uniquement avec le taux d’intérêt actuel. Elles utilisent souvent un taux calculatoire nettement supérieur au taux de marché. Ainsi, un bien peut paraître abordable au quotidien, mais ne pas passer le calcul de capacité financière de la banque.

À cela s’ajoutent des prix d’achat élevés qui agissent comme une barrière d’entrée. Même si les coûts mensuels après l’achat seraient supportables, les acheteurs doivent d’abord épargner suffisamment de fonds propres. Dans les régions chères, un bon revenu ne suffit souvent pas si le prix du bien est trop éloigné du revenu du ménage.

Les principaux obstacles lors de l’achat immobilier

Fonds propres

Des prix d’achat élevés exigent des fonds propres importants. Pour un bien de 1 mio. CHF, 20% de fonds propres représentent environ 200’000 CHF.

Capacité financière

La banque calcule prudemment avec intérêts, amortissement, entretien et charges accessoires. La charge ne doit pas trop peser sur le revenu.

Rareté régionale

À Zurich, Genève, Zoug, Lucerne, Bâle et dans de nombreuses régions de montagne, l’offre est limitée. Cela pousse particulièrement les prix.

Les primo-acheteurs, les jeunes familles et les ménages sans patrimoine immobilier existant sont particulièrement touchés. Ils n’ont pas pu bénéficier des hausses de valeur passées, mais doivent payer les prix actuels. Les propriétaires existants peuvent en revanche souvent apporter des fonds propres issus de gains de valeur ou d’une vente.

Coûts courants et obstacles à l’achat en comparaison

AspectPourquoi la propriété peut paraître avantageusePourquoi l’achat reste difficile
Taux hypothécaireDes taux de marché bas réduisent les coûts courants de financementLes banques calculent avec des taux d’intérêt calculatoires et évaluent la capacité financière à long terme
Loyer vs propriétéLes propriétaires ne paient pas de loyer et peuvent profiter de coûts de logement stablesLes acheteurs doivent d’abord financer le prix d’achat, les fonds propres et les frais d’acquisition
Fonds propresLes propriétaires existants peuvent utiliser les gains de valeur comme garantieLes primo-acheteurs doivent souvent épargner leurs fonds propres pendant de nombreuses années
EntretienLes petits coûts courants sont planifiables et peuvent être inférieurs aux hausses de loyerLes rénovations, assainissements et fonds de rénovation peuvent générer des coûts supplémentaires élevés
ImpôtsL’effet fiscal dépend de la valeur locative, des intérêts passifs, de l’entretien et des réformesLe canton, le niveau d’endettement et la réforme dès 2029 peuvent modifier fortement le calcul
RégionDans certaines régions, la propriété reste accessible et attractive à long termeDans les centres très demandés, les prix dépassent souvent les possibilités de la classe moyenne

Étape par étape : comment vérifier si le logement en propriété est accessible

  1. Déterminer le prix d’achat maximal sur la base du revenu, des fonds propres et du calcul de capacité financière.
  2. Ne pas se baser uniquement sur le taux de marché bas, mais calculer aussi avec des scénarios de taux calculatoires.
  3. Séparer clairement les fonds propres : avoirs libres, pilier 3a, caisse de pension, réserves et frais d’acquisition doivent être examinés séparément.
  4. Intégrer l’entretien, les rénovations, les charges accessoires, les assurances, les impôts et les fonds de rénovation dans le budget.
  5. Comparer le prix d’achat avec des biens similaires dans la même commune et la même micro-situation.
  6. Élargir la région de recherche et vérifier si un autre emplacement est plus judicieux financièrement.
  7. Clarifier le cadre de financement et obtenir une confirmation bancaire avant les visites.
  8. Acheter uniquement si le bien reste supportable même avec des taux plus élevés et des changements de vie.

Questions de contrôle : le logement en propriété est-il vraiment accessible pour moi ?

Les questions suivantes aident les acheteurs à évaluer de manière réaliste la différence entre coûts courants bas et véritable accessibilité à l’achat.

Questions de contrôle sur le logement en propriété en Suisse

1. Quel est mon prix d’achat maximal réaliste ?
2. Mes fonds propres suffisent-ils pour le prix d’achat, les frais annexes et les réserves ?
3. Le financement reste-t-il supportable avec des taux calculatoires ?
4. Quel est le montant de l’entretien, des rénovations, des impôts et des assurances ?
5. Le bien resterait-il judicieux sans nouvelle hausse des prix ?
6. Comment la capacité financière change-t-elle avec des enfants, le temps partiel ou un changement d’emploi ?
7. L’emplacement est-il facilement revendable à long terme ?
8. Existe-t-il des coûts cachés liés à la propriété par étage, au fonds de rénovation ou aux assainissements ?
9. Quelles sont les conséquences de la réforme de la valeur locative dès 2029 ?
10. Dans ma situation, la location est-elle financièrement plus flexible que l’achat ?

Exemples pratiques

Exemple 1 : famille avec un bon revenu

Une famille gagne ensemble 150’000 CHF brut par an et trouve une maison à 1,2 mio. CHF. La charge mensuelle paraît supportable avec un taux de marché bas. Dans le calcul de capacité financière avec taux calculatoire, entretien et amortissement, le bien peut toutefois être trop cher. En outre, les fonds propres nécessaires d’environ 240’000 CHF, auxquels s’ajoutent frais d’acquisition et réserves, peuvent manquer.

Exemple 2 : propriétaire avec un appartement existant

Un propriétaire possède un appartement depuis dix ans. L’hypothèque court à des conditions favorables, la valeur de marché a augmenté et les coûts courants sont inférieurs à un loyer comparable. Pour lui, le logement en propriété paraît avantageux. Un primo-acheteur devrait aujourd’hui acheter le même appartement à un prix nettement plus élevé et ferait face à un financement beaucoup plus difficile.

Check-list : vérifier réalistement l’accessibilité du logement en propriété

Questions fréquentes sur le logement en propriété, les coûts courants et l’accessibilité

Des taux hypothécaires bas peuvent réduire la charge mensuelle courante. Les propriétaires existants ou les acheteurs avec un financement favorable peuvent donc parfois se loger à moindre coût que des locataires comparables. L’entretien, les charges accessoires, les impôts et les rénovations doivent toutefois être pris en compte.

L’achat échoue souvent en raison de prix immobiliers élevés, de fonds propres insuffisants, de règles strictes de capacité financière et de la rareté régionale. Le facteur décisif n’est pas seulement la charge mensuelle, mais la cohérence entre prix d’achat, revenu et fonds propres.

Pour un logement en propriété utilisé par son propriétaire, environ 20% de fonds propres sont généralement nécessaires en pratique. Les frais d’acquisition et les réserves ne doivent pas être oubliés. Une partie au moins des fonds propres doit provenir de moyens propres et ne peut pas être entièrement financée par la prévoyance professionnelle.

La capacité financière signifie que les intérêts calculatoires, l’amortissement, l’entretien et les charges accessoires restent supportables à long terme par rapport au revenu. Les banques calculent souvent avec des taux nettement plus élevés que les taux de marché actuels.

Au niveau des coûts courants, acheter peut être moins cher que louer, surtout lorsque les taux hypothécaires sont bas. L’accès à l’achat est toutefois souvent plus difficile, car les fonds propres, le prix d’achat, l’examen du crédit et les risques à long terme doivent d’abord être maîtrisés.

L’accès est particulièrement difficile pour les primo-acheteurs, les jeunes familles, les ménages sans héritage ou patrimoine immobilier existant ainsi que les personnes qui souhaitent acheter dans des centres chers ou des régions touristiques.

Un taux bas réduit certes la charge mensuelle effective. Pour l’examen du crédit, les banques utilisent toutefois souvent des taux calculatoires. De plus, des taux bas ne résolvent pas le problème des prix d’achat élevés et des fonds propres insuffisants.

Il s’agit souvent de la combinaison entre prix d’achat élevé et fonds propres insuffisants. Même si la charge courante serait supportable, l’achat peut échouer parce que le capital nécessaire ne peut pas être épargné dans un délai raisonnable.

Pas automatiquement. La réforme peut soulager certains propriétaires, mais elle modifie aussi les déductions pour intérêts passifs et entretien. Pour les nouveaux acheteurs, l’effet dépend fortement de l’hypothèque, du taux, du canton, de l’état du bien et de la situation fiscale personnelle.

Un achat peut être judicieux si l’emplacement, le prix, le revenu, les fonds propres, le projet de vie et la capacité financière à long terme sont cohérents. Les personnes avec un financement très serré ou sans réserves devraient être plus prudentes.

Les acheteurs peuvent améliorer leurs chances en constituant tôt des fonds propres, en élargissant leur région de recherche, en fixant des limites de prix réalistes, en intégrant les besoins de rénovation et en obtenant une confirmation de financement avant une recherche sérieuse.

La comparaison ne doit pas seulement opposer les intérêts hypothécaires au loyer. L’immobilisation des fonds propres, l’entretien, les rénovations, les impôts, la flexibilité, les frais d’acquisition et le risque de revente doivent également être intégrés au calcul.

Résumé

En Suisse, le logement en propriété reste souvent attractif au niveau des coûts courants pour les propriétaires existants et les acheteurs bien financés. Des taux hypothécaires bas peuvent réduire la charge mensuelle et rendre la propriété intéressante par rapport à la location. Le véritable obstacle se situe toutefois à l’achat : prix immobiliers élevés, exigences en fonds propres, règles de capacité financière et rareté régionale empêchent de nombreux ménages d’entrer sur le marché. Toute personne qui souhaite acheter aujourd’hui ne devrait donc pas seulement comparer les coûts mensuels, mais d’abord vérifier de manière réaliste si le prix d’achat, le revenu, les fonds propres, l’entretien, les impôts et les risques à long terme sont cohérents.

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