Actualités immobilières

Que signifient les hausses de taux pour les locataires ?

Les hausses de taux ne concernent pas seulement les propriétaires et les acheteurs ; elles peuvent aussi se faire sentir pour les locataires. En Suisse, cela ne passe toutefois pas automatiquement par le taux directeur de la BNS, mais surtout par le taux hypothécaire de référence, la base de loyer précédente, les hausses de coûts, le renchérissement et la situation concrète du marché du logement.

Auteur : Nikita von Niederhäuser, expert immobilier UrbanHome Mis à jour le : Temps de lecture : env. 10 minutes

En bref

Des taux en hausse ne signifient pas automatiquement une hausse immédiate du loyer. Dans les baux existants en Suisse, le facteur clé est le taux hypothécaire de référence. Une adaptation ne devient possible que si celui-ci change par rapport à la base de loyer précédente. Le renchérissement, les frais d’entretien et d’exploitation, les investissements créant une plus-value, le contrat de bail, les exigences de formulaire officiel, les délais et la demande régionale peuvent également jouer un rôle.

Que signifient les hausses de taux pour les locataires ?

Lorsque l’on parle de hausses de taux, on pense souvent d’abord aux hypothèques, aux acheteurs immobiliers et aux propriétaires. Pour les locataires, l’effet est plus indirect. Des taux plus élevés peuvent augmenter les coûts de financement des propriétaires, modifier les calculs de rendement des investisseurs et accroître la pression sur le marché locatif.

Dans les baux existants, les bailleurs ne peuvent toutefois pas exiger librement des loyers plus élevés simplement parce que les taux ont augmenté. En Suisse, le droit du bail prévoit des règles, des exigences formelles et des bases de calcul concrètes.

Le point central est donc de distinguer trois niveaux : l’environnement général des taux, le taux hypothécaire de référence et la base de loyer concrète du contrat de bail individuel.

Taux de référence : le taux directeur n’est pas directement décisif

Le taux directeur de la BNS influence l’environnement des taux, mais il ne se répercute pas un pour un ni immédiatement sur les baux existants. Pour les adaptations de loyer fondées sur des variations de taux hypothécaires, le taux hypothécaire de référence est déterminant en Suisse.

Le taux de référence repose sur le taux d’intérêt moyen des créances hypothécaires nationales et est arrondi au quart de pourcentage le plus proche. Comme les hypothèques fixes existantes entrent aussi dans le calcul, le taux de référence évolue généralement plus lentement que le taux directeur.

TermeSignificationImportant pour les locataires
Taux directeur de la BNSTaux d’intérêt de politique monétaire de la Banque nationale suisse.Influence indirectement les marchés financiers, les hypothèques et l’économie.
Taux hypothécaire de référenceBase nationale pour les adaptations de loyer liées aux variations des taux hypothécaires.Décisif pour d’éventuelles hausses ou baisses du loyer net.
Base de loyerTaux de référence, niveau de renchérissement et base de coûts sur lesquels repose le loyer actuel.Souvent indiquée dans le contrat de bail ou dans la dernière adaptation de loyer.
Loyer netLoyer sans les frais accessoires convenus séparément.Les adaptations liées au taux de référence concernent en principe le loyer net, pas automatiquement les charges.

Quand des taux en hausse peuvent-ils entraîner une hausse de loyer ?

Une hausse de loyer liée à des taux en hausse est surtout possible lorsque le taux de référence a augmenté par rapport à la base de loyer précédente. Si le taux de référence augmente de 0,25 point de pourcentage, le loyer net peut en principe être augmenté de 3 pour cent.

Cela ne signifie toutefois pas que chaque hausse annoncée est automatiquement correcte. La base de départ, le calcul, le renchérissement, les hausses de coûts, d’éventuelles baisses de coûts, le type de contrat et la communication formelle sont déterminants.

Important : Une hausse de loyer doit en règle générale être communiquée au moyen du formulaire officiel, être clairement motivée et être notifiée dans les délais. Les locataires ne devraient pas simplement payer la hausse, mais vérifier d’abord si le formulaire, le délai, la motivation et le calcul sont corrects.

Quels facteurs peuvent aussi influencer le loyer ?

Le taux de référence est central, mais il n’est pas le seul facteur. Le renchérissement, les frais d’entretien et d’exploitation, les taxes, les assurances, les frais d’administration ou les investissements créant une plus-value peuvent aussi jouer un rôle dans une adaptation de loyer.

Inversement, les locataires peuvent vérifier si certains coûts ont baissé ou si la hausse paraît excessive. Il est particulièrement important de vérifier si le nouveau loyer entraîne un rendement abusif ou ne correspond plus aux loyers usuels du lieu ou du quartier.

FacteurEffet possibleCe que les locataires devraient vérifier
Taux de référencePeut augmenter ou réduire le loyer net.Vérifier la base actuelle du loyer dans le bail ou la dernière adaptation.
RenchérissementPeut être partiellement répercuté.Comprendre le niveau d’indice et la période utilisée.
Frais d’entretien et d’exploitationPeuvent être pertinents si les coûts ont augmenté.Demander un calcul détaillé si la motivation n’est pas claire.
Investissements créant une plus-valueLes rénovations peuvent influencer le loyer.Distinguer l’entretien conservant la valeur des investissements créant une plus-value.
Frais accessoiresPeuvent augmenter indépendamment du loyer net.Considérer séparément le loyer net et les charges.
Demande régionaleInfluence surtout les loyers proposés pour les nouveaux baux.Ne pas confondre loyer existant et prix des annonces.

Pourquoi les hausses de taux peuvent aussi accentuer la pression locative

Des taux en hausse peuvent signifier que moins de ménages peuvent acheter un logement ou qu’ils reportent un achat. Ces ménages restent alors plus longtemps sur le marché locatif. Cela peut augmenter la demande d’appartements à louer.

En même temps, des coûts de financement et de construction plus élevés peuvent rendre les nouveaux projets de logement plus difficiles. Si moins de logements sont construits ou si les projets sont achevés plus tard, l’offre locative reste tendue.

Plus de demande locative

Ceux qui ne peuvent pas acheter en raison de taux plus élevés cherchent plus souvent sur le marché locatif ou y restent.

Moins de nouvelles constructions

Un financement plus cher peut ralentir les investissements et les projets de construction.

Rareté régionale

Dans les villes et agglomérations, la pénurie de logements compte souvent davantage que le taux d’intérêt seul.

Ce que les hausses de taux signifient pour les bailleurs et investisseurs

Pour les propriétaires, bailleurs et investisseurs, des taux en hausse peuvent renchérir le financement. Cela peut créer une pression pour compenser partiellement les coûts plus élevés par les loyers, les charges ou les futurs loyers proposés.

En même temps, des taux plus élevés modifient les calculs de rendement. Certains investisseurs deviennent plus prudents, achètent moins ou reportent des projets. D’autres conservent leurs biens immobiliers parce qu’ils recherchent des revenus locatifs stables à long terme, une protection par valeur réelle et de bons emplacements.

Pour les locataires, cela signifie que l’effet des hausses de taux n’est pas identique partout. Dans un marché tendu, les coûts du logement peuvent continuer à augmenter même si les investisseurs deviennent plus prudents. Dans les régions avec davantage d’offre, l’effet peut être nettement plus faible.

Baux existants : bien vérifier la base de départ

Pour les baux existants, le taux de référence actuel n’est pas le seul élément pertinent. Il faut savoir sur quel taux de référence repose le loyer actuel. Cette information se trouve souvent dans le contrat de bail ou dans le dernier avis d’adaptation de loyer.

Si le loyer actuel repose déjà sur le taux de référence actuel, un taux inchangé ne crée pas de nouveau droit à une hausse ou à une baisse. Si, en revanche, le loyer repose encore sur une base de taux de référence plus élevée, une demande de baisse peut exister selon la situation.

Les locataires devraient donc vérifier les valeurs de départ utilisées dans chaque avis : taux de référence, niveau d’indice, base de coûts, charges, réserves et éventuels investissements.

Nouveaux baux : les hausses de taux agissent différemment

Pour les nouveaux baux, la situation est différente de celle des baux existants. Les loyers proposés sont davantage influencés par le marché, la demande, le taux de vacance, l’emplacement, la qualité du logement et la disposition à payer.

Si les hausses de taux rendent l’achat plus difficile, la demande locative peut augmenter. Dans les régions tendues, cela peut conduire à des loyers proposés plus élevés. Dans les régions avec plus de choix ou une demande plus faible, l’effet peut être nettement moindre.

Toute personne qui cherche un nouvel appartement devrait donc comparer non seulement le loyer, mais aussi les charges, les délais de résiliation, la base de loyer, le taux de référence, le type de contrat, l’indexation, les loyers échelonnés et les rénovations prévues.

Que peuvent faire les locataires en cas de hausse de loyer ?

Lorsqu’une hausse de loyer arrive, les locataires devraient d’abord rester calmes et la vérifier systématiquement. Les points importants sont le formulaire officiel, la motivation, la notification, le terme de résiliation, le calcul et le délai de contestation.

Une hausse peut être problématique si elle n’est pas notifiée sur le formulaire officiel, si elle est motivée de manière peu claire, si elle utilise de mauvais taux de référence, si plusieurs motifs ne sont pas clairement séparés ou si elle n’a pas été notifiée dans les délais.

Les personnes qui ne sont pas d’accord avec la hausse peuvent la contester dans les 30 jours suivant sa réception auprès de l’autorité de conciliation compétente. En cas d’incertitude, un examen rapide est utile, car un délai manqué peut rendre la hausse effective.

Étape par étape : comment vérifier les hausses de taux en tant que locataire

  1. Vérifier si une hausse de loyer formelle a réellement été communiquée.
  2. Contrôler si le formulaire officiel a été utilisé.
  3. Vérifier la date de notification, le délai de résiliation et le prochain terme de résiliation.
  4. Trouver la base de loyer précédente dans le contrat de bail ou la dernière adaptation.
  5. Considérer séparément taux de référence, renchérissement, hausses de coûts et charges.
  6. Demander un calcul si la motivation n’est pas claire.
  7. Noter le délai de 30 jours pour une éventuelle contestation.
  8. En cas d’incertitude, contacter l’autorité de conciliation, l’association des locataires ou un spécialiste juridique.

Modèle de texte : demander le calcul d’une hausse de loyer

Le texte suivant peut servir de modèle et devrait être adapté au cas concret.

Objet : Question concernant la hausse de loyer annoncée

Madame, Monsieur,

J’ai reçu votre avis de hausse de loyer pour l’appartement situé à
[adresse].

Afin que je puisse vérifier et comprendre l’adaptation, je vous prie de bien
vouloir me transmettre un calcul détaillé de la hausse. Je vous remercie
notamment de préciser les points suivants :

- ancienne base de taux de référence de mon loyer
- taux hypothécaire de référence actuellement appliqué
- renchérissement et base d’indice pris en compte
- hausses de frais d’entretien et d’exploitation invoquées
- éventuels investissements créant une plus-value
- effets sur le loyer net et les charges
- date à partir de laquelle le nouveau loyer doit s’appliquer

Je vous remercie par avance pour votre réponse.

Meilleures salutations
[nom]

Exemples pratiques

Exemple 1 : hausse liée au taux de référence

Un bail repose sur une ancienne base de taux de référence. Le taux de référence augmente de 0,25 point de pourcentage par rapport à cette base. La bailleresse ou le bailleur invoque une hausse de loyer. Les locataires devraient vérifier si le calcul est correct, si les facteurs supplémentaires sont clairement indiqués et si l’avis est formellement valable.

Exemple 2 : taux plus élevés, mais pas de motif direct de hausse

Les taux de la BNS augmentent, mais le taux hypothécaire de référence reste inchangé et le loyer repose déjà sur le taux de référence actuel. Dans ce cas, le taux de référence seul ne crée pas de nouveau droit à une hausse. Les autres coûts invoqués doivent être motivés et vérifiés séparément.

Check-list : vérifier hausses de taux et loyer

Questions fréquentes sur les hausses de taux et les loyers

Non. Dans les baux existants en Suisse, le taux directeur de la BNS n’est pas directement déterminant. Ce qui compte, c’est le taux hypothécaire de référence et la base de loyer précédente. Le renchérissement, les hausses de coûts et le contrat de bail concret peuvent aussi jouer un rôle.

Le taux hypothécaire de référence est la base nationale pour les adaptations de loyer liées aux variations des taux hypothécaires. S’il augmente de 0,25 point de pourcentage, le loyer net peut en principe être augmenté de 3 pour cent.

Oui. Si le loyer actuel repose sur un taux de référence plus élevé que le taux actuel, une demande de baisse peut en principe exister selon le bail. Le contrat de bail ou la dernière adaptation de loyer est déterminant.

Une hausse de loyer doit en règle générale être communiquée au moyen du formulaire officiel approuvé par le canton, être clairement motivée et être notifiée dans les délais. Elle peut prendre effet au plus tôt au prochain terme de résiliation possible.

Oui. Si une hausse est formellement incorrecte, mal calculée ou insuffisamment compréhensible, les locataires peuvent la contester dans les 30 jours suivant sa réception auprès de l’autorité de conciliation compétente.

Outre le taux de référence, le renchérissement, les hausses générales de coûts, les frais d’entretien et d’exploitation, les investissements, l’offre de logements, la demande, le taux de vacance et la situation régionale du marché peuvent influencer l’évolution des loyers.

Une adaptation fondée sur le taux de référence concerne en principe le loyer net. Les frais de chauffage et les charges doivent être considérés séparément s’ils ont été convenus séparément dans le contrat de bail.

Une hausse de loyer sans formulaire officiel correct peut être formellement nulle. Les locataires devraient malgré tout réagir rapidement et, en cas d’incertitude, contacter l’autorité de conciliation ou un service de conseil.

Les loyers proposés pour les nouveaux baux sont davantage influencés par le marché, la demande, le taux de vacance, l’emplacement, la qualité du logement et la disponibilité. Le taux de référence est surtout important pour les baux existants.

Non. Il faut d’abord vérifier si le formulaire, les délais, la motivation, la base de taux de référence, le calcul, le renchérissement et les hausses de coûts sont compréhensibles. En cas de doute, un calcul écrit peut être demandé.

Des dates de contrat différentes, des loyers initiaux différents, des bases de taux de référence différentes, d’anciennes adaptations, la taille des logements, l’équipement, les rénovations et les charges peuvent conduire à des loyers différents dans le même immeuble.

Les hausses de taux sont un facteur de marché important, mais elles ne créent pas automatiquement une hausse de loyer valable. La base de loyer concrète, le taux de référence, le calcul et la communication formelle sont déterminants.

Résumé

Des taux en hausse peuvent toucher les locataires en Suisse directement et indirectement. Le facteur directement le plus pertinent est le taux hypothécaire de référence, et non simplement le taux directeur de la BNS. Si le taux de référence augmente par rapport à la base de loyer précédente, une hausse de loyer peut être possible. S’il baisse ou si le loyer repose encore sur une base plus élevée, une demande de baisse peut exister selon le contrat. Le renchérissement, les hausses de coûts, l’entretien, les investissements, les charges, l’offre et la demande jouent également un rôle. Toute personne qui reçoit une hausse de loyer devrait vérifier soigneusement le formulaire, les délais, la motivation et le calcul, puis réagir à temps en cas d’incertitude.

Cached: 25/10/2026 21:20:15